Colloque autour des contes, Edith et Séverine sa patronne encadrent les conteurs.
Détente dans les locaux du prieuré, le cloître en arrière-plan.
Après le nouveau théâtre, coup de projecteur sur un autre outil culturel majeur : la Maison des cultures du monde, à l'heure où l'on évoque la mémoire de l'aventurier Pierre Malherbe.
Marchand d'outre-mer, le Vitréen Pierre Malherbe a effectué, à partir de 1593, un fabuleux voyage. Qui l'amènera à franchir les sept portes du monde. La première était celle d'En-bas, dans sa propre ville. Quatre siècles plus tard, Roger Faligot raconte l'épopée de cet homme hors normes (1). À l'occasion de la sortie de l'ouvrage, la ville de Vitré a voulu rendre hommage à cet aventurier dont la mémoire s'était un peu perdue.
La Maison des cultures du monde s'est aussitôt impliquée dans le projet, expliquent Édith Barré, documentaliste du centre, et Simon Poligné, chargé de mission et des résidences d'artistes (2). L'évocation de la vie du grand voyageur, il faut dire, était une occasion unique d'exploiter un grand ensemble de documents. « Tout au long de son périple, Malherbe, lui-même, a toujours témoigné d'une curiosité insatiable, voulant aller plus loin encore, passant d'une culture à l'autre » s'enthousiasme Simon Poligné.
Une exposition sur Pierre Malherbe
C'est ainsi que l'exposition sur Malherbe a été décidée. Elle restera visible jusqu'au 15 décembre à la Maison des cultures du monde, du mardi au vendredi, de 14 h à 18 h. Des panneaux illustrés présentent le formidable parcours du globe-trotter vitréen. Mais on peut aussi entendre les musiques traditionnelles qui étaient jouées dans les différents pays, à l'époque où le voyageur les a traversés. Ce qui ajoute une saveur supplémentaire.
Pour réunir tous ces documents, Édith Barré et Simon Poligné disposaient d'un trésor : « Nous avons essentiellement puisé dans le fonds du centre ». Car les Vitréens ne se doutent pas forcément des richesses qui se trouvent à leur porte : environ 50 000 photos dont 8 000 sont numérisées et en libre accès sur internet, des vidéos de spectacles (135 sont mises en lignes), plus de 2 500 documents sonores et audiovisuels au total, un millier d'ouvrages et revues, des encyclopédies, 1 500 textes inédits. « Et tout cela consultable gratuitement sur place, sans obligation d'inscription préalable » précise-t-on.
Un outil au service de tous
Mais la tâche de la Maison des cultures du monde ne s'arrête pas là. À ce fonds, qui ne cesse de s'étoffer, s'ajoutent encore la création de spectacles (une dizaine à Vitré depuis l'ouverture du centre en 2004), l'organisation de conférences et les résidences d'artistes. Des activités qui se complètent par l'édition de disques, sous le label « Inédit ». Environ 140 à ce jour.
Beaucoup de travail, donc. Dans la discrétion. Aujourd'hui, les responsables de la structure souhaitent mieux faire connaître au public les moyens qui lui sont offerts. En invitant chacun à pousser la porte du centre. Ce que les écoles, collèges et lycées ont déjà pris l'habitude de faire. « Si quelqu'un a un projet - enseignants ou associations - nous sommes là aussi pour apporter notre collaboration en fournissant toute la documentation nécessaire et en participant au montage », complète Édith Barré. Pierre Malherbe, avant son départ, aurait certainement apprécié.